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| A la télévision espagnole, ce lundi soir: tweet rapidement supprimé... |
C'est accidentel. Voilà
la belle unanimité médiatique dès le début de la couverture de
l'incendie de Notre-Dame de Paris. On ne sait encore rien, bien
évidemment, puisque les pompiers en sont à lutter contre les
flammes, mais, « c'est accidentel, c'est sûr ! ».
Bon.
La date de cet
« accident », entre les Rameaux et Pâques, fêtes
éminemment catholiques, est pour le moins... opportune,
dirons-nous ?
Mais c'est forcément
accidentel.
Cet incendie de
Notre-Dame intervient un mois après celui, bien avéré criminel, de
l'église St Sulpice à Paris, mais il y a urgence à déclarer son
origine certainement accidentelle...
Gaztamère lui-même
vient de reconnaître qu'il y a une vague de profanations d'églises
catholiques en France au rythme de trois chaque jour en moyenne, mais
cet incendie du symbole même de la Culture Chrétienne de la France
est forcément accidentel, le doute n'est même pas envisageable.
D'ailleurs, Notre-Dame
était en travaux, et les accidents pendant des travaux, c'est
fréquent. Enfin... ça arrive, n'est-ce pas ? Oui, ça arrive.
Le départ de feu est
supposé se passer un peu après 18 heures, c'est-à-dire quand le
chantier de la journée est achevé, mais quand il n'est pas encore
incongru de trouver des personnes circulant dans les parties non
ouvertes au public de la cathédrale.
Mais de là à évoquer une
cause qui ne soit pas du registre de l'accident, il y a un abîme,
n'est-ce-pas ? L'abîme qui sépare les vils complotistes de
l'analyse objective et dépassionnée qui est ordinairement de mise
chez nos journalistes dès lors qu'il s'agit d'affaires concernant
l'Eglise, les curés, les Chrétiens d'une façon générale. Donc ?
Donc, c'est un accident.
S'il y a une
concentration d'étrangers non chrétiens, voire carrément muzz,
dans un secteur économique - après Pôle Emploi bien sûr- c'est
bien le BTP. Donc on peut imaginer que les équipes circulant et
travaillant sur le chantier de Notre-Dame de Paris n'échappent pas à
la règle. Mais on se doit de se hâter d'affirmer que cet incendie
est accidentel quand on le décrit dès les premières minutes sur
les plateaux de télévision ou dans les stations de radio...
D'ailleurs, une enquête
pour « destruction involontaire par incendie » est
ouverte. « Involontaire », on vous dit ! La
conclusion de l'enquête est déjà contenue dans son intitulé.
Exactement comme dans l'enquête sur le suicide de la femme découpée
en morceaux...
Le Point dans ses tweets
enfonce le clou. « Ce que l'on sait de l'incendie de Notre-Dame
de Paris. Il serait d'origine accidentelle et s'est propagé
extrêmement vite. »
Les pompiers sont à
l'oeuvre, le feu fait rage, il n'y a donc pas le moindre embryon
d'amorce de début de commencement d'enquête possible, mais le
journaliste du Point affirme que l'origine du feu est accidentelle.
Qui lui a dit ? Sur quelle preuve? Pourquoi se hâte-t-il de
relayer cette information ? Et le fait que l'incendie se soit
« propagé extrêmement vite » ne l'interpelle pas plus
que ça ? Pas très curieux, le journaliste !
Et puis, LCI annonce
qu'il y aurait eu deux départs de feu, à des points opposés de la
cathédrale. Hum... Gênant.
LCI se distingue aussi
par l'intervention d'une journalope, Le Châtelier, qui déclare le
plus sérieusement du monde que « Notre-Dame n'est pas un lieu
religieux mais les Catholiques continuent de se l'approprier ! ».
Fallait oser... Sans doute pour apporter une note d'humour dans le
récit de cette tragédie ?
Et puis, à la télé
espagnole, on diffuse une vidéo montrant un individu « au
costume étrange » circulant sur une coursive de la tour sud de
la cathédrale, alors même que les pompiers juchés sur leur
immenses échelles arrosent le bâtiment. Montage ? En tous cas,
le tweet diffusant cet extrait a été rapidement supprimé...
Toujours sur Twitter :
des centaines de tweets émanant de noms et pseudos aux consonances
mahométanes se réjouissent de la catastrophe. Le « vivrensemble »
se présente sous son meilleur jour...
Alors quelques questions
simples se posent :
- A la lumière de tous ces faits, y avait-il vraiment urgence à affirmer comme acquise l'origine accidentelle de cet incendie ?
- Est-ce qu'un vrai travail professionnel de journalisme n'aurait pas dû, par simple précaution, et à ce stade de l'affaire, n'écarter aucune hypothèse ?
- Cet empressement à ignorer la possibilité d'un acte terroriste musulman n'est-il pas lui-même suspect ?
Mais arrêtons-là les
supputations. Après tout, si Saucisson-Pinard avance qu'il est trop
tôt pour assurer que la cause de l'incendie est accidentelle, il
faut qu'il reconnaisse qu'il est au moins aussi prématuré d'assurer
qu'il s'agit d'un acte criminel !
Donc, à cette heure,
posons pour principe, qu' « on » ne sait pas.
Saucisson-Pinard est par
conséquent libre, à ce stade, d'imaginer un roman. Un roman de
pure fiction, entendons-nous bien !
Ce roman raconterait
l'histoire d'un attentat islamiste par le feu visant un monument
symbolique de la Chrétienté. Le Sacré-Coeur ? Pas mal !
Oh, encore mieux : Notre-Dame de Paris par exemple.
Et de préférence, lors
d'une fête chrétienne. Tiens, aux alentours de Pâques, pourquoi
pas ?
Le ou les terroristes
devraient avoir accès à la partie la plus vulnérable du bâtiment,
c'est-à-dire, à la toiture où se trouve un enchevêtrement de
poutres de bois très secs (la "forêt"), le reste étant constitué de pierres,
donc plus résistant au feu. Le chantier de rénovation ouvert dans
cet édifice est l'occasion rêvée pour y avoir accès. Bien
évidemment, en temps ordinaires, cet accès est interdit. Mieux
qu'interdit, il est sous étroite surveillance. Quasiment impossible.
Alors qu'un chantier
ouvert où la circulation de nombreux ouvriers de toutes origines
exotiques n'étonnera personne, semble bien être une opportunité à
saisir !
Donc le feu est allumé.
Pas pendant les heures de travail: trop de témoins potentiels bien
sûr. Et un départ de feu pourrait être rapidement maîtrisé par
les personnes présentes. Non, plutôt à l'heure où tous les
ouvriers commencent à ranger les outils avant de débaucher. Mais
pas trop tard non plus, pour que la présence d'un ou plusieurs
ouvriers basanés déambulant au milieu des poutres ne paraissent pas
suspecte. Au mieux, zélée.
Et le feu est allumé à
deux endroits différents pour ne laisser aucune place au hasard.
La presse parle
évidemment d'accident.
Des semaines plus tard,
l'enquête révèle que les causes de l'incendie ne sont pas
accidentelles.
Que les départs de feu
sont intentionnels.
L'enquête avance :
deux ou trois hommes sont arrêtés. La Presse en parle : « Ce
matin, trois ouvriers français du chantier de rénovation de
Notre-Dame de Paris ont été interpellés. Guillaume Marchand, Louis
Dupont et François Pellerin* ont été déférés devant la Justice.
*les noms ont été changés pour préserver l'anonymat des personnes
concernées. »
Puis on apprend que les
suspects sont finalement « d'origine maghrébine, mais nés en
France ».
Dans les jours qui
suivent, les médias reconnaissent que l'un d'entre eux est « connu
des services de police, fiché S », qu'un autre est dépourvu
de titre de séjour. Qu'ils se prénomment Mohamed, Karim et Aziz.
« Leur motivation
reste floue à l'heure qu'il est. L'intention terroriste n'est pas
établie ».
Et puis finalement, « ce
sont des déséquilibrés ».
Et surtout, surtout: "Pas d'amalgame!"
Et surtout, surtout: "Pas d'amalgame!"
Fin de l'histoire.
Bonne trame de roman de
fiction, non ?








