Grincheux a troqué
sa voiture diesel vieillissante contre une toute nouvelle voiture
propre pour laquelle il n'a pas hésité à investir une somme
rondelette, histoire de se donner une bonne conscience écologique.
Comme il n'a quand même pas poussé son civisme jusqu'à payer de sa
poche la mise à la casse de son ancienne voiture (elle marche
d'ailleurs encore très bien), il a préféré la revendre un bon
prix sur le marché de l'occasion. Prof lui a fait remarquer
que sa voiture continuera donc de polluer autant qu'avant. Certes,
lui rétorqua Grincheux, mais au moins, ce ne sera plus moi le
pollueur ! Après tout, Grincheux n'allait pas se
montrer plus royaliste que le roi : Hidalgo, mairesse de Paris,
a-t-elle procédé autrement avec son parc de bus diesels de la
capitale ? Bien sûr que non ! Il est vrai que si elle
avait procédé à la destruction pure et simple de ces bus pourtant
récemment acquis par son prédécesseur, la Delanoé dite
« l'Embrayage », cela aurait quand même ressemblé à un
beau gâchis de l'argent du contribuable. Elle a donc préféré que
ses bus aillent polluer ailleurs et se donner à bon compte une belle
image d'environnementalement-responsable toute proprette.
Ce lundi, Grincheux
s'apprêtait donc à gagner la capitale dans sa belle voiture
respectueuse de l'environnement. Mais pas de chance, sa plaque
d'immatriculation a un chiffre pair. Il doit donc la laisser au
garage et grogne à l'idée de se faire compacter comme piéton dans
quelque métro bondé. De fort mauvaise humeur, il préfère
finalement demander un co-voiturage à son voisin Dormeur. La
voiture diesel de 1990 de Dormeur fait certes de grandes
volutes noires à chaque accélération, mais elle est, elle, munie
d'une plaque à chiffre impair...
Prof lit dans les
journaux du matin que Madame Hidalgo est très fière d'inaugurer de
nouvelles stations d'autobus « intelligentes ». Il est
heureux de constater qu'au moins dans l'entourage de la mairesse
socialiste, il y aurait là finalement un peu d'intelligence. C'est
un bon début. Mais il regrette que la Hidalgo n'ait pas consulté
l'une de ces stations intelligentes pour trouver une idée plus futée
pour lutter contre la pollution. Plus futée en tout cas que
d'encourager le Parisien à profiter de la demi-heure gratuite de
vélib généreusement accordée à l'occasion de ce pic de pollution
afin qu'il puisse, en plein effort, respirer à pleins poumons l'air
vicié de la capitale.
Il apprend aussi que la
Hidalgo est prête, finalement, à s'engager pleinement dans la
candidature de Paris pour recevoir les JO de 2024. Tout comme
Hollande Ouille d'ailleurs, qui, pendant qu'il y est, verrait bien
aussi la France accueillir une Exposition Universelle. C'est vrai que
le pays va tellement bien qu'on pourrait bien se permettre de faire
un peu la fête, non ?
Le budget annoncé est
d'un peu plus de 6 milliards d'euros. Que les JO de Pékin en aient
coûté 30 milliards en 2008, ceux de Londres en 2012 14 milliards
(pour un budget prévu de 5 milliards...) et que ceux de Rio en
coûteront 12, donne évidemment beaucoup de crédit à cette
estimation modeste de 6 milliards. Surtout de la part de Socialistes
qui se sont toujours illustrés, comme on le constate tous les jours,
comme de fins gestionnaires soucieux de l'utilisation des fonds
publics et sachant maîtriser les dépenses ! Que Montréal ait
mis 30 ans à éponger la dépense des JO de 1976 n'est pas non plus
de nature à impressionner nos décideurs socialistes. Donc, allons-y
gaiement, bien arrondir notre dette avec les JO de 2024 est juste ce
qu'il nous manquait. Joyeux est très content de cette
nouvelle.
Joyeux se réjouit
aussi de lire dans la presse le résultat du premier tour des
départementales et les commentaires des politiques et des
journalistes. Il y constate que, comme attendu, tout le monde est
extrêmement satisfait. L'UMP est satisfait, parce que, bien que
bénéficiant de l'aide de deux autres partis, il donne l'impression
d'avoir gagné ces élections à lui tout seul. Le FN est content
parce qu'il a encore progressé. Quant au PS, il est aussi content
parce que, au lieu de la fessée bien saignante qu'il attendait, il
n'a pris juste qu'une rouste de belle ampleur. Bien sûr cette
manifestation de joie partagée se fait parfois au prix de quelques
manipulations arithmétiques bien senties, où on ajoute les prunes
UDI aux pommes UMP et aux poires Modem pour constater que les fruits
se sont mieux vendus que les oranges FN...
Les maîtres de la
manipulation des chiffres demeurent néanmoins les écolos. La
lecture de leur communiqué est un régal pour Joyeux. En
gros, on comprend que si on ajoute les voix portées sur des
candidats verts à celles du PCF, qu'on multiplie le total par le
nombre de cantons dans lesquels ils ne se sont pas présentés, qu'on
divise le résultat par les voix qui auraient dû se porter sur le
Front de Gauche mais qui ne l'ont pas fait, et qu'on y met en
exposant le chiffre correspondant au nombre d'homosexuels qui se sont
mariés dans l'année, eh bien, les résultats de ces élections
départementales démontrent une vraie progression des écolos !
Joyeux essuie ses larmes de rire.
Atchoum est pris
d'une violente crise d'éternuements quand il comprend à la lecture
de ces résultats que si le premier parti de France en nombre de voix
reste le FN, ce dernier a peu de chances d'être à la tête d'un
seul département ; pendant que le troisième parti de France,
lui, s'agrippe désespérément au pouvoir... C'est peut-être ça,
la République dont se gargarise le petit
Caudillo-aux-mâchoires-serrées. C'est peut-être ça, les « valeurs
à préserver» du PS qui, à en croire ses affiches, justifieraient
qu'on vote pour lui...
Timide, pour sa
part, rougit de confusion en apprenant que la priorité des
priorités, pour Juppépé-le-dhimmi, ce n'est pas la lutte contre le
chômage, ni contre les déficits, ni contre l'augmentation de la
délinquance, ce n'est pas non plus de s'inquiéter de la montée des
communautarismes dans ce pays en voie de libanisation, ou de
l'immigration invasive aux portes de l'Europe, ou de l'avancée des
sauvages islamistes de l'autre côté de la Méditerranée. Non, sa
priorité, au Juppépé, c'est « faire barrage au FN ».
La même obsession que celle du petit Caudillo, d'ailleurs. Timide
trouve décidément, qu'à l'UMP et au PS, on a les exigences et les
inquiétudes qu'on peut....
Toujours au niveau de
l'UMP, Grincheux apprend en écoutant la radio que Sarkozy
refuse de débattre avec Marine Le Pen entre les deux tours. Dommage.
Avec toutes ces triangulaires et duels qui se profilent pour dimanche
prochain, l'électeur aurait peut-être aimé y voir plus clair à
l'aide de débats contradictoires? C'est sans doute aussi cela, la
démocratie et le sens républicain selon nos zélites politiquement
correctes : savoir faire la différence entre le courage et la
témérité, peut-être ...? Un débat contre le FN qui
permettrait de démontrer ses idées annoncées comme
« nauséabondes » ? Courage, fuyons !
Mais pour avoir une idée
plus sérieuse des vraies réalités du monde, Prof préférera
ignorer les préoccupations nombrilistes des médias et politiques
français, et consulter la presse étrangère. Pour y apprendre par
exemple, que les banques américaines commencent à réfléchir et à
prendre des mesures pour s'adapter à un possible Brexit : la
sortie de l'UE de la Grande Bretagne suite au référendum que doit
lancer Cameron avant la fin 2016. La Grèce est sur le pas de la
porte (dans le sens de la sortie) de l'Europe, l'Italie, l'Espagne et
la Grande Bretagne pourraient suivre, quand l'Islande, pas folle, décide de renoncer à sa candidature. Et pendant ce temps-là, nos
politiques Français sont juste préoccupés de crier « au
loup » si des élus FN devaient être en position de décider
de l'entretien des bâtiments de collèges et des subventions locales
aux associations...
Y a pas à dire, on se
sent bien représenté et bien dirigé...
Et Simplet, me
direz-vous ?
Bah Simplet, il
est à l'Elysée à jouer à l'agence de presse, pour se précipiter
sur un micro dès qu'un fait divers se présente et pourrait faire
diversion...
* Politically correct contrôlé.