Ce jour-là, à l’Elysée…
Une secrétaire entr’ouvre la porte du bureau présidentiel:
- Monsieur le Président, Madame Marchand est là, et désire vous parler.
- Faites entrer…
Mimi Marchand:
- Bonjour Emmanuel.
- Bonjour Mimi, comment allez-vous?
- Moi, ça va, merci. Mais vous… je suis inquiète!
- Ah? Mais il n’y a pas de quoi!
- Vous savez que vous êtes de plus en plus honni dans le pays! Je lis les différents sondages, et la haine que vous suscitez devient problématique.
- Pensez-vous! Regardez le succès que j’ai partout où je passe en ce moment: les foules s’amassent pour m’accueillir, en Egypte, au Kenya, en Ethiopie… partout! Je cours un matin avec un marathonien, je danse un après-midi, je cuisine un soir, j’annonce le déversement de milliards partout où je passe, les foules m’adorent!
- Oui, Emmanuel, j’ai vu comme tout le monde votre tournée d’intermittent du spectacle. Mais vous savez bien qu’entre les foules de quidams qui ne connaissent absolument rien de ce que vous faites dans votre pays et qui sont juste flattés d’être visité par un dirigeant européen, et les chefs d’états qui n’attendent de vous que des tas de pognon sur lesquels ils pourront se servir, c’est une popularité en carton-pâte. Moi, je vous parle de votre popularité en berne, ici, en France.
- J’en ai rien à cirer. Je me barre dans maintenant moins d’un an.
- Oui bien sûr. Mais si jamais vous aviez dans l’idée de vous accrocher à votre siège, en, je dis n’importe quoi, engageant la France dans un conflit ouvert avec la Russie et si vous brandissiez l’article 16 pour accaparer tous les pouvoirs, ça deviendrait compliqué. Les Français pourraient bien vous rentrer dans le lard! Et même sans cela, votre impopularité a toutes les chances de rejaillir sur vos ex-premiers ministres qui ont des velléités présidentielles…
- Oh bah, ça non plus, j’en ai rien à battre, de l’avenir de ces marionnettes.
- Mais si je suis venu vous voir, Emmanuel, c’est que j’ai une idée géniale à vous proposer.
- Dites toujours.
- Eh bien voilà. Les Français ont bien deviné depuis longtemps que vous étiez plutôt de la fanfare…
Macreux, interloqué:
- De quelle fanfare vous parlez?
- Je veux dire, Emmanuel, que vous êtes… disons… un papouilleur compulsif. Je ne vais pas rentrer dans les détails… Et beaucoup de ces Français savent aussi le côté obscur de Jean-Mich… je veux dire, de Brigitte.
- Où voulez-vous en venir?
- Eh bien, j’ai une idée pour contrecarrer tout ça, et en plus, en exploitant un fait divers qui vous a desservi récemment.
- Je vous écoute.
- On va vous faire une réputation de mari infidèle!
- Je ne comprends pas.
- C’est simple. On va faire croire que vous avez une liaison avec une femme. Une femme étrangère, pour rendre les vérifications plus difficiles. La femme à laquelle je pense est une actrice médiocre, sans attache, qui a multiplié les mariages, et qui vit une fois à Porto, une fois à Ibiza, ce qui suppose un train de vie qui nécessite des revenus que son activité d’actrice médiocre ne peut pas lui offrir. Elle sera donc facile à acheter.
- Mais comment allez-vous procéder?
- Simple. On la prévient de la rumeur qu’on va lancer, on va juste lui demander de récuser cette accusation de liaison, en la payant pour cela. Elle va donc toucher du fric pour dire « ce n’est pas vrai, je n’ai pas de liaison avec Monsieur Macreux. » Et accessoirement, ça va faire vendre des numéros de Gala. Donc, d’une part cette rumeur vous fait passer pour un hétéro. Deuxièmement, vous êtes un Français bon vivant, bien sympathique dans notre pays à la réputation libertine. Troisièmement, ça fait de Brigitte une « femme » trompée, donc ça fait oublier le Jean-Michel, et quatrièmement, ça expliquerait la torgnole qu’il vous a flanquée au sortir de l’avion sur le tarmac d’Hanoï, l’autre jour. La « femme » trompée vous a giflé en apprenant votre liaison! Donc on exploite ainsi de façon positive ce petit fait divers qui était un peu gênant pour vous. Ce n’est pas génial, ça?
- C’est pas mal… Comment allez-vous lancer cette rumeur?
- Facile. Je fais écrire un livre qui donnera tous les détails. J’ai un journaliste de Paris Match qui va se charger de ça. On a déjà le titre: « un couple (presque) parfait ». Et ce qui est malin, c’est que dans son livre, il donnera le pour et le contre sur la véracité de cette rumeur, tout en penchant davantage pour le pour. Ainsi, tout le monde y trouvera son compte.
- Et pourquoi un journaliste de Paris Match?
- Vous savez que vous avez toujours pu compter sur ce magazine pour vous donner un coup de main, non? Voulez-vous que je vous rappelle le nombre de couvertures que ce torchon vous a consacré, sur le thème « le couple glamour à l’assaut de l’Elysée » en 2017?
- Oui, ça paraît être un bon choix…
- Je vous résume les avantages de cette opération. Un, on vous remet en scène sans évoquer votre bilan en quoique ce soit. Deux, on fait oublier vos penchants sexuels naturels. Trois, on fait de Jean-Michel une femme trompée. « Trompée », donc on attire la compassion de la gente féminine, et surtout « femme » pour contrecarrer les enquêtes de Xavier Poussard, de Candace Owens, et ça fait oublier vos fiascos judiciaires dans vos recours contre eux. Quatre, on exploite favorablement un fait divers qui vous desservait initialement. Et enfin, cinq, ça distrait l’opinion et la Presse, et surtout ça m’en fait vendre. Qu’est-ce que vous en dites?
- Parfait! Merci Milmi. Tout le monde y trouve son compte! Lancez ça!






