« Celle-là, je ne vais pas la laisser passer! » s’exclame le rédac-chef en raccrochant son téléphone, un grand sourire aux lèvres. « Simone, appelez toute l’équipe immédiatement dans mon bureau. »
Quelques minutes plus tard, dans le bureau du premier étage de ce petit journal de province, deux scribouillards et un photographe font face à leur patron.
- « Messieurs, j’ai une excellente nouvelle à vous annoncer. Mes relations en haut-lieu m’ont appris une nouvelle de première importance qui va nous permettre d’exprimer tout notre talent pour remplir notre mission d’information du citoyen. »
Ça faisait longtemps que Rémi Duschmoll, le patron en question, se vantait d’avoir un contact privilégié avec une personne proche de l’Elysée, personne dont il n’avait jamais donné ni le nom ni la fonction à ses collaborateurs. Il entretenait ainsi une sorte de mystère qui lui permettait d’ailleurs de justifier sa servilité éditoriale à l’égard du psychopathe élyséen et de ses marionnettes.
- « Vous nous tenez en haleine, Patron » dit le plus flagorneur de ses domestiques. « De quoi s’agit-il? »
- « Nous allons faire de cette enquête la Une de notre numéro de demain. Et pour commencer, je vais exploser notre budget de frais de mission en vous envoyant tous les trois à Locqueduc-sur-Cher pour que vous y meniez cette enquête. »
- « C’est formidable, Patron! Et c’est une enquête sur quoi? C’est politique? »
- "Sans aucun doute! » répond Duschmoll, avec un clin d’oeil.
- « Oh, je crois avoir deviné! » suggère le second aligneur rétribué d’expressions convenues et de formules toutes faites.
- « Non, vous ne pouvez pas savoir. C’est une information que je suis seul à détenir, grâce à mes contacts haut-placés. Seul avec BFM, LCI, Le Parisien, France télévision, France Inter, Cnews, l’Humanité, Le Point, Médiapart, Radio Nova, Le Monde, Marianne, l’AFP et quelques autres. Nous allons faire exploser l’audimat! »
Le contradicteur s’entête:
- « Ça ne serait pas en relation avec ces deux meurtres perpétrés au couteau par des OQTF africains en liberté, dans la même journée, aux dépens de deux jeunes Français blancs, l’un pour vol de téléphone, l’autre étant une agression purement gratuite? »
- « Bien sûr que non! On ne va pas s’échiner à mettre en lumière ces simples faits divers qui entretiennent un sentiment d’insécurité! Vous voulez soutenir l’extrême-droite, ou quoi? »
- « Oh non, Patron, excusez-moi! »
- « Faites attention » admoneste le rédac-chef, « vous avez parfois des réflexions curieuses et peu compatibles avec nos principes humanistes et républicains! Bon, je passe pour cette fois-ci. Mais n’y revenez pas! Voilà de quoi il s’agit. Je viens d’apprendre qu’à Locqueduc-sur-Cher, un individu a dit à son voisin de palier qu’il en avait marre de voir autant d’étrangers mettre le bazar dans son immeuble. Vous remarquerez donc déjà, dès le départ, le degré de xénophobie et de racisme de son propos! »
- « De racisme? Parce qu’il ne s’agit pas de Portugais, d’Espagnols ou d’Italiens dans ces personnes incriminées? »
- « Bah non, évidemment! » répond le patron, agacé.
- « Pourquoi « évidemment », Patron? »
- « Enfin… je veux dire, euh… que, non, il s’agit de chances-pour-la-France d’origine africaine. Mais le bouquet final de cette information, réside dans le fait que l’individu en question n’a pas utilisé le terme « étrangers » dans son propos avec son voisin. »
- « Ah bon? Mais quel terme a-t-il utilisé? »
- « Vous ne devinerez jamais si je ne vous donne pas l’information suivante. L’individu a pour prénom François, et le beau-frère de la fille de sa femme de ménage a écrit un jour, à un député RN pour exprimer une doléance. A un député RN! Vous imaginez? »
- « Quel terme a-t-il donc utilisé? »
- « J’ai moi-même beaucoup de mal à le prononcer. Mais comme il est au centre de l’enquête que vous allez mener, et qu’il figurera dans le titre de notre Une de demain, je vous le donne. Il a dit qu’il en avait marre de voir autant de bou…bou… excusez-moi, j’ai vraiment du mal, ... autant de bougnoules mettre le bazar dans son immeuble! Et d’ailleurs, il n’a pas dit « bazar », mais « souk »! C’est vous dire les mauvaises intentions de cet individu xénophobe, raciste, nazi, fasciste et sympathisant RN!! »
- « Bougnoules? Il a osé? » s’indigne le photographe qui se régale d’avance de faire le portrait de ce misérable.
- « Mais quelle preuve avons-nous de ce propos, Patron?
- « Figurez-vous que le voisin de ce nazi avait, tout à fait par hasard, appuyé sur le bouton d’enregistrement de son téléphone quand il l’a croisé! Et il se trouve que ce voisin est militant LFI. Ou peut-être ne voulait-il pas démériter à l’évocation de son grand-père qui s’était déjà illustré en 40 en dénonçant ceux qui ne montraient pas l’enthousiasme recommandé par le PCF à l’égard de l’Occupant? Toujours est-il que vous avez maintenant des outils dont vous pouvez vous servir! Et vous voulez un conseil, une confidence? Si jamais, lors de votre enquête, vous trouviez un autre Français, blanc, qui aurait utilisé, dans un passé récent, quitte à remonter à une dizaine d’années lorsqu’en France, on ne se sentait plus à profiter de la liberté d’expression, qui aurait utilisé, disais-je, le terme « bougnègre », l’avenir de notre journal serait assuré! Les fonds financiers de Pigasse tomberaient comme neige en montagne, je serais accueilli sur le perron de l’Elysée par notre président adoré, et peut-être qu’il me serrerait dans ses bras en me faisant un bisou dans le cou! Vous imaginez le coup de pub pour notre journal? Donc, messieurs, c’est à vous de jouer! Bonne chance, le Prix Albert Londres est à votre portée! »
Pour bien vous faire comprendre et accepter qu'à l'avenir, la société occidentale devra impérativement être métissée et que l'homme blanc y sera désormais minoritaire, l'oligarchie mondialiste vous impose quasiment dans chaque publicité de n'importe quel produit ou service, des peaux noires et cheveux crépus. Cela n'a pas pu vous échapper.
En réponse modeste à ce matraquage, Saucisson-Pinard vous propose désormais, à chaque fin d'article, comme on le ferait en soutien à une espèce protégée en voie d'extinction, une image de belle blondeur.


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