« C'est bon, cette
photo, là, coco ! Ce gamin allongé, la face dans le sable,
mort noyé, c'est excellent, ça va faire vendre ! Tu me mets ça à
la une, coco. Sûr que les journaux télé vont en parler. Y a de
quoi faire pleurer dans les chaumières. Si avec ça, les Français
ne culpabilisent pas à mort, c'est à désespérer. Bon, en page
intérieure, tu me mets l'interview de quelques VIP du show bizz
donnant quelques leçons de morale à nos bouseux de lecteurs. Tiens,
y a Aznavour qui vient de proclamer qu'il fallait ouvrir nos
frontières en grand. Commence par lui, coco : un immigré qui
demande à ses hôtes d'inviter d'autres immigrés, ça va le faire !
Allez, roule ma poule, y a de la route à faire, t'as vu le sondage
sur M6 ? 68% des Français, ces salopards, trouvent que la
France en fait déjà beaucoup pour les migrants ! Ah, les cons,
i-z-ont encore rien vu ! »
Et vlan, encore une
petite couche : l'Allemagne est prête à ouvrir ses portes en
grand. Prenez-en de la graine, bande d'égoïstes français. La
France s'est pastillée une immigration à dose filée depuis un
demi-siècle, et ce veau de Français de souche n'a pas moufté. Il
est temps de passer à la vitesse supérieure. C'est aujourd'hui à
dose massive qu'il s'agit de lui inoculer du muzz et du keffir,
histoire d'achever la bête blanche, chrétienne et de souche et sa
p... de civilisation. Pas de raison qu'elle bouge une oreille
aujourd'hui.
Et si d'aventure, il lui
prenait l'idée saugrenue de tiquer, ne serait-ce qu'un peu, on saura
le prendre par les sentiments : rien de tel qu'une bonne photo
d'une victime, jeune de préférence, bien innocente, pour lui
remettre les idées en place.
Inutile de lui rappeler
que des enfants meurent tous les jours, partout dans le monde, de
noyade, de maladie ou d'autre chose. Et pas forcément par les
risques que leur font prendre leurs parents irresponsables. Y en a
même qui sont assassinés, brûlés vifs parce que chrétiens, par
des fous furieux d'une religion
d'amour-de-paix-et-de-tolérance-compatible-avec-la-république. Mais
là, c'est inutile d'en parler trop. Pas d'image en Une. Trop
insignifiant. Et puis le Français de la rue n'y est pour rien, dans
ce dernier cas. Sauf à prétendre qu'à élire à sa tête des
crétins à la morale-à-la-mord-moi-le noeud-droit-de-l'hommiste,
qui se sont mêlés à défaire un équilibre fragile en Syrie, Lybie
ou ailleurs, ils en sont quand même un peu responsables. Mais ça,
c'est un peu capillo-tracté. Et puis ça reviendrait à accuser
indirectement les médias qui ont soutenu ces mêmes crétins :
pas possible, ça. Ça serait de l'auto-flagellation.
Donc on en reste à cette
petite victime syrienne sur la plage turque.
Et puis, quand un
chanteur gâteux qui n'a même pas la lucidité de savoir s'arrêter
de chanter à temps, donne des leçons de géo-politique, c'est
émouvant.
Inutile d'évoquer que
l'immigré chanteur arménien ne craint certes pas qu'on vienne lui
piquer son boulot. Inutile aussi de faire remarquer que si le service
des urgences en hôpital, entre autres services publics, est envahi
de crève-la-faim qui empêchent le vulgum pecus français d'en
profiter quand il en a vraiment besoin, alors qu'il l'a financé de
ses impôts, le chanteur arménien, quant à lui, aura les moyens
financiers de faire venir à domicile une cohorte de toubibs dès
qu'il aura un pet de coincé.
Tout comme il serait
indécent de lui faire comprendre que des Turcs pourraient bien
répondre à son invitation d'Arménien à venir s'établir en
France.
Pas utile non plus
d'évoquer que l'Aznavour possède plus de résidences qu'il ne peut
en habiter, et certainement pas en lisière de futurs camps de
réfugiés, mais bien en zone résidentielle, bien calme, bien
protégée des importuns. Bref, il semblerait que l'Aznavour se soit
fait une raison : il n'a pas réussi à convaincre les
clandestins que la misère est moins pénible au soleil. Alors autant
se donner le beau rôle, pas vrai ?
Les médias se donnent
donc le mot pour mettre la pression sur le Français de la rue, pour
lui faire accepter mordicus, toujours plus d'immigrés, quitte, pour
ce faire, à lui donner mauvaise conscience. C'est à qui multipliera
les reportages sur des associations improbables d'accueil de
clandestins, pardon, de migrants. C'est à qui donnera le plus la
parole à des manifestants erratiques défilant en soutien aux
« migrants », en allant les chercher à l'étranger s'il
le faut.
Mais surtout, ne jamais
braquer les micros ou projecteurs sur le Français qui aurait
l'indécente idée d'exprimer que les histoires de
migrants-clandestins-réfugiés commencent à les lui briser menus.
Bien entendu, ni les
politiques ni les médias ne s'étonneront que tous ces muzz fuyant
supposément la guerre ne cherchent pas refuge en priorité chez
leurs frères de religion. Pourtant, le simple principe de solidarité
dont ces politiques et médias au grand cœur nous rebattent les
oreilles, devrait concerner au premier chef des pays partageant la
même philosophie religieuse. A fortiori quand ces derniers sont
immensément riches de surcroît. Pourquoi ne pas frapper à la porte
de l'Arabie Saoudite, du Koweit, des Emirats ou du Qatar, par
exemple ? En voilà des questions idiotes ! Idiotes au
point de ne pas avoir à les poser.
Et enfin, quand un
reportage radiophonique sur Europe 1, la radio qui pense comme il
faut, rapporte que des « migrants » albanais sont
maintenant à la porte de Dieppe après avoir délaissé Calais, sans
doute trop encombré, la journaliste ne se pose même pas la
question : « mais au fait, quelle guerre y a-t-il en
Albanie, qu'on nous aurait cachée... ? »
Les sanglots longs des
violons médiatiques de l'automne commencent déjà à bercer (à défaut de les blesser) nos
cœurs d'une langueur monotone. Il s'agit évidemment de tenir ainsi
jusqu'au COP 21 de décembre, cette grand-messe de culpabilisation-
une de plus- de l'Occidental. Grand-messe dont il ne sortira rien de
concret, bien sûr, car là n'est pas l'essentiel. Il s'agira juste
d'occuper l'espace médiatique, tout en lançant des incantations
alarmistes pour bien maîtriser la pensée publique qui ne devrait
pas vagabonder à tort et à travers. On suppose que les gourous
gaulois qui cultivaient la peur que le ciel ne tombât sur la tête
de leurs ouailles, avaient les mêmes motivations.
L'Histoire ne se répète
pas, elle bégaie.








