"Voyons voyons... Comment
je pourrais foirer encore un peu plus mon second quinquennat ?
L'Afrique, par exemple.
Bien, le Mali, c'est
fait. La France s'est fait foutre dehors comme une malpropre après
avoir sacrifié certains de ses soldats sur le terrain pour préserver
le gouvernement malien et sa population des menaces des islamistes du
Sahel. Sans parler évidemment du pognon que ça a coûté au
contribuable français.
Le Burkina Faso ?
Pareil ! Foutu à la porte ! Si on ne peut plus rigoler
maintenant, en se moquant en public, du président de ce pays en
imaginant comme excuse à son départ prématuré d'une conférence
de presse qu'il « serait parti réparer la clim »,
franchement, où va-t-on ? Bon, d'accord, je ne me permettrais
pas ce genre de familiarité potache à l'égard du sénile Biden.
Mais, enfin, c'est pas pareil ! Ce gâteux, ou plutôt l'Etat
Profond qui le manipule comme Jeff Panacloc manipule Jean-Marc, est
mon boss, alors, quand même, un peu de retenue, que diable !
Le Niger ? Banco !
Les autorités nigériennes du moment, légitimes ou pas, peu
importe, puisque ce sont elles qui sont aux manettes pour le moment,
demandent le départ de mon ambassadeur. Ce n'est quand même pas
aux Nigériens qui laissent sans moufter un coup d'état se produire,
dans leur propre pays, avec des milliers de militants en soutien, qui
vont décider si un ambassadeur peut ou ne peut pas rester sur leur
sol, sans blague ! Si on commence à laisser les Nigériens
décider de ce que doit faire ou ne pas faire le Niger, c'est la
porte ouverte à... euh... à... Hein ? À quoi ? Ben oui, c'est
la porte ouverte en grand pour que la France dégage!
Comment ? Que
dites-vous ? Le président de la République Populaire du Congo
m'avait prévenu que mon attitude vis à vis des pays africains
commençait à courir sur le haricot de tout le monde sur le
continent ? Et alors ? C'est quand même pas un négrillon
qui va donner des leçons de conduite à Jupiter, non ?
Bon. Ils ne veulent pas
de la Françafrique ? Ben, tant pis, ils auront la France
africaine ! De quoi se plaignent-ils ? Des milliers
d'Africains se précipitent à Lampedusa avec la bénédiction de ma
patronne par délégation, Ursula.
Bon, la politique
étrangère de la France en Afrique, comme dans le reste du monde
d'ailleurs, est bien foirée dans les grandes largeurs. Ça c'est
fait. Il me reste encore à foirer nos relations avec le Sénégal et la Côte d'Ivoire. Je vais m'y atteler.
Voyons l'Ukraine
maintenant. La grande contre-offensive promise par mon copain de
papouille Volodymyr « n'est pas un échec, elle n'a juste pas
fonctionné ». Du coup, ses alliés, à commencer par les
Etats-Unis, commencent à rechigner à cracher au bassinet sans fond
de l'approvisionnement en pognon et en armes. On sent bien qu'un
revirement de l'attitude occidentale envers ce conflit est à
l'étude. Et moi, je choisis avec ma lucidité légendaire, ce moment
pour promettre à Kiev l'envoi de Mirages 2000. Histoire de mettre la
France hors-jeu quand l'Occident lâchera mon petit copain nazi pour
entreprendre des démarches de recherche de paix avec Poutine.
Je ferais peut-être
mieux de me concentrer sur la politique intérieure. Tiens, ma
soumission au marché européen de l'électricité, par exemple :
en voilà une trouvaille géniale qui tape bien sur le citoyen
français ! Ce marché, concocté par mon Union Européenne
chérie, base le prix de l'électricité sur celui, ô combien
spéculatif, du gaz. Et de la spéculation, il y en a ! Surtout
depuis les sanctions que l'Oncle Sam nous a demandées d'administrer
à la Russie, avec d'autant plus de décontraction que, lui, Sam, ne
dépend absolument pas du gaz russe ! Et pour être sûr que ces
sanctions soient assurées, mon donneur d'ordre Sam a fait sauter
Nord Stream 2, ces conduites d'approvisionnement en gaz russe en mer
du Nord. Bref, le coût de l'électricité explose. Et comme j'ai
plus ou moins abandonné la filière nucléaire, (en suivant en cela
la politique initiée par mon prédécesseur sur pression de
mon autre copine, l'Allemagne), filière où la France excellait et
qui lui permettait naguère de vendre sa surproduction, les Français
aujourd'hui peinent à payer leur facture d'électricité. Ils sont
même parfois contraints, tout bonnement, de fermer boutique quand
celle-ci dépend trop de cette énergie, comme les boulangers par
exemple.
Puisque je pense à
l'énergie, l'essence, en voilà une autre énergie sur laquelle j'ai
bien niqué les Français ! L'essence a vu aussi son prix
exploser, un peu pour les mêmes raisons. Du coup, l'Etat se frottent
les mains de voir les taxes qui représentent plus de 60% du prix du
litre d'essence, ramener une manne inespérée pour mon budget
toujours loin de l'équilibre. Les gilets jaunes avaient commencer à
tiquer quand le litre était à 1,70€. Il est maintenant, au mieux,
à 1,99€, dépassant largement les 2 euros en certains endroits.
C'est vraiment pas le
moment que ces gueux de gilets jaunes se réveillent. Alors c'est là
que j'ai une idée géniale ! Je ne vais sûrement pas tuer cette
poule aux œufs d'or qu'est l'essence, en imaginant baisser ses
taxes. L'essence est quand même le petit paradis fiscal qui se
permet de mettre une taxe, en l'occurrence, la TVA, sur d'autres
taxes ! Taxer les taxes, il fallait quand même oser !
Bref, je ne vais pas, ne serait-ce qu'égratigner l'avalanche de
taxes qui grèvent ce produit indispensable au citoyen. Non, je vais
demander aux grandes surfaces de vendre leur essence à perte, pour
faire plaisir au consommateur sans que ça ne coûte rien à l'Etat.
Pas bête hein ? Je vais passer pour celui qui fait un cadeau au
gueux, mais c'est pas moi qui le paye !
Hein ? Comment ?
Les petites stations, dont l'essence est la quasi-unique source de
revenus, ne pourront pas se permettre de suivre cette politique de
vente à perte ? Heu... attendez, laissez-moi réfléchir... Bon
bah, y a qu'à leur promettre des aides ! Comme ça, le
consommateur contribuable paiera d'une main, le cadeau que je lui
fais dans l'autre main. Qu'est-ce que vous voulez, quand on est un
Mozart de la Finance, il n'y a pas de problème qu'on ne peut
résoudre !
Hein ? Qu'est-ce que
j'apprends ? Les grandes surfaces refusent ce deal de vente à
perte du carburant ? Ah les ingrats !! Après tous les
cadeaux que je leur ai faits !!!
Bon, je ferais mieux de me concentrer sur autre chose!
Résumons-nous. La
politique étrangère de la France est un fiasco complet. J'ai beau
venir tripoter n'importe quelle personnalité étrangère qu'il
m'arrive de croiser, comme si elle était un pote avec lequel
j'aurais fait les quatre cents coups dans notre prime jeunesse,
personne ne m'écoute vraiment et je passe pour un moins que rien.
C'est pas grave. Je continue de faire la une des merdias possédés
par mes copains oligarques français. J'adore être pris en photo
auprès de gens connus. Et c'est vraiment ça le plus important. Ça
me permet d'oublier les foirades de mon quinquennat dans tous les
autres domaines :
Foirade sociétale, avec
une insécurité explosive que même Dupont-Maserati n'ose plus
qualifier de simple « sentiment », avec des émeutes à
répétition, en Seine-St Denis, ma Silicon Voilée à moi, ou
ailleurs. Avec des déserts médicaux qui gagnent du terrain, avec
des hôpitaux débordés, sous-équipés.
Foirade économique, avec
un déficit de la balance commerciale qui devient abyssal, avec des
faillites d'entreprises qui se multiplient comme jamais.
Foirade militaire, avec
une Armée aujourd'hui sous-équipée, au matériel entretenu avec
des bouts de ficelle, une Armée en panne de personnel qui oblige à
des campagnes publicitaires de recrutement incessantes qui ne cachent
plus le fait que personne ne veut plus s'enrôler pour défendre un
pays qui n'est plus vanté par personne, et en tous cas, ni par moi
ni par mes sbires européistes.
Foirade judiciaire où le
citoyen de base comprend que la Justice est corrompue idéologiquement
par l'extrême-gauche en voyant le Syndicat de la Magistrature,
naguère à l'initiative du mur des cons qui insultaient délibérément
des victimes de délinquance, participer à la Fête de l'Huma
communiste, et à une manifestation dirigée contre les Forces de
l'Ordre. Le citoyen ne s'étonne alors plus du laxisme de la Justice
à l'égard des délinquants, surtout quand ils sont un tantinet
basanés...
Foirade financière avec un record de pression fiscale concomitant avec une dégringolade de la qualité des services publics.
Bref, mon quinquennat
continue de foirer complètement et tranquillement. Oui,
tranquillement. Car c'est ça qui m'étonne le plus. Comment se
fait-il que ce moment n'est pas encore arrivé ? Ce moment que
je sais pourtant inévitable, où je devrai m'enfuir avec mon trans
Jean-Michel sous des cieux plus cléments pour profiter, le reste de
notre vie, de mon pognon de toutes origines, soigneusement mis de
côté anonymement dans des paradis fiscaux. Ce "pognon de dingue"
accumulé me permettra de compenser alors, cette future frustration
de ne plus occuper l'espace médiatique, occupation qui, je dois le
reconnaître, est un peu la cocaïne de mon narcissisme pathologique.
Et Dieu sait si la cocaïne, je connais et en apprécie les effets !!"