- Dis-moi, Mohamed, c'est quoi un djihadiste ?
- Un djihadiste, ci un misilman qui fi la guerre sainte.
- Et pourquoi, il fait la guerre, le djihadiste?
- I fi la guerre pour partager l'islam.
- Et c'est quoi , au juste, l'islam ?
- Ti a pas entendu à la télé ? I disent bien qui ci une religion di paix, d'amour et di tolérance.
- Ah ? Et les musulmans, ils font la guerre pour partager une religion de paix ?
- Vi, mais ci siliment les djihadistes, pas li gentils misilmans.
- Ah bon ! Mais c'est qui leur prophète, aux djihadistes ?
- Ben, ci Mahomet.
- C'est le même que le tien, alors ?
- Ben, vi.
- Et c'est quoi leur livre de référence ?
- Ben, ci li Coran.
- Comme toi, alors ?
- Ben vi.
- Bah, alors, pourquoi tu ne fais pas le djihad, toi, puisque tu as le même Prophète que les djihadistes qui lisent dans le même Coran que toi qu'il faut faire le djihad contre les Chrétiens ?
- Ben ci pasque nous, on est des gentils misilmans.
- Ah bon. Alors toi t'es un musulman qui n'obéit pas à ce que demande ton Prophète dans le Coran que tu lis.
- Ci ça. Pasque nous, i sommes des gentils misilmans. I l'ont dit aussi à la télé.
- Alors, si je comprends bien, un gentil musulman, c'est un mauvais musulman qui n'obéit pas bien au Coran.
- …!
- Et un méchant djihadiste, c'est un bon musulman qui fait tout ce que lui demande son Prophète de Paix, d'Amour et de Tolérance dans le Coran.
- …!
- Ben, alors, finalement, si les gentils musulmans progressent dans le respect de leur religion et deviennent de bons musulmans, on n'a pas fini de mettre les drapeaux en berne...
Pourquoi ce blog?
Jamais l’emprise du politiquement correct sur l’Information n’a été aussi forte. Naguère subtil, il est aujourd’hui omniprésent et ne s’embarrasse même plus de sauver les apparences. Il s’affiche comme un véritable terrorisme intellectuel : non seulement il monopolise la pensée sociale et politique, son expression, mais il se permet de sanctionner, éventuellement judiciairement, tous écarts et ceux qui les commettent. Les petits soldats de la Pensée Unique, journalistes, animateurs tv ou radio, se pressent au p ortillon de l’accès aux tribunes médiatiques et c’est à celui qui affichera avec le plus de zèle sa soumission au dogme.
Ce blog a pour très modeste ambition de pointer du doigt ces attentats terroristes de la Pensée et dénoncer les personnes publiques qui les commettent, consciemment ou inconsciemment.
Si vous cherchez à lire l’actualité sous un autre angle que celui que vous imposent la tv, les magazines, la radio, la presse ou le quidam-perroquet de la rue, lui-même matraqué par ces médias, ce blog est pour vous… et attend vos témoignages !
Si les propos de ce blog vous choquent, vous pourrez ainsi mesurer à quel point vous avez été formaté par la Pensée Unique… et apprécier le degré d’urgence que vous avez à vous dépolluer l’esprit.
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samedi 27 septembre 2014
Mohamed, explique-moi...
mardi 23 septembre 2014
Quand Sarkozy se Bayrouïse.
L'actualité
politico-médiatique de la semaine est tout à fait éloquente. Jugez
plutôt. Un président en exercice, aux lèvres duquel on pourrait
penser que le brave peuple devrait être suspendu, tant son destin
est lié aux décisions de son leader, fait un vrai flop d'audience.
Moins de 1,4 millions de téléspectateurs ont suivi l'allocution de
septembre de Hollande Ouille. Soit moitié moins que le score
enregistré pour son allocution de janvier dernier, qui était déjà
médiocre.
Moins d'une semaine plus
tard, un leader politique en retrait depuis près de deux ans et
demi, sans aucun mandat, s'avance sur la scène et fait près de 9
millions de téléspectateurs, soit près de sept fois plus...
C'est dire la
désespérance du peuple ressentie à l'égard d'un président qu'il
a élu il y a à peine deux ans et demi... Les Français ont enfin
compris qu'il n'y avait rien à attendre, rien à attendre de bon en
tous cas, de ce guignol. Ils sont anxieusement à l'affût d'une
alternative.
C'est dire aussi à quel
point la fascination exercée par Sarko tant sur ses fans que sur ses
détracteurs est grande.
Il est vrai que le
contraste de personnalité entre les deux individus est saisissant.
L'énergie qui transparaît dans la parole de Sarkozy est d'autant
plus criante quand elle fait suite à l'élocution hésitante et
lénifiante de Hollande Ouille et au vide sidéral de son propos.
Sarkozy est à Hollande
ce qu'est la vodka à l'eau du robinet, le Munster au fromage de …
Hollande, un chili con carne très épicé à un régime sans sel.
Tout le monde n'aime pas la vodka, mais on y goûte par défi, ou
parce qu'on aime à se faire peur...
Bien entendu, les médias
qui ont naguère massivement soutenu la candidature de Hollande
Ouille, jettent aujourd'hui un voile pudique sur la médiocrité de
leur favori et se précipitent sur leur chiffon rouge favori, Nicolas
Sarkozy. Assurément un chiffon rouge qui les fait vendre. Beaucoup
vendre. Aussi sa prestation a-t-elle été observée, scrutée,
disséquée pourrait-on même dire, avec à la fois gourmandise et
une mauvaise foi qui rappelle leurs plus belles années jusqu'en
2012.
Sur les radios
périphériques, on multiplie les pseudo débats entre intervenants
auditeurs pour jauger l'accueil réservé à ce retour en politique
de l'ancien président.
Bien entendu, les fans
restent fans et les antis restent antis.
Bien entendu, il ne
fallait pas s'attendre à ce que ce retour soit célébré avec
tambour et trompette dans l'opinion, encore moins dans les médias.
Bien entendu, tous les
poncifs éculés, assénés régulièrement durant tout son
quinquennat, reviennent intacts, notamment ceux relatifs à sa
prétendue agressivité ou nervosité. Curieux peuple qui est
toujours prompt à dénoncer la langue de bois des politiques et qui
s'offusque pourtant quand l'un d'eux appelle un chat un chat, un
menteur un menteur et un incompétent un incompétent.
De la part de ceux qui
avouent avoir voté Hollande en 2012, on aimerait simplement un peu
plus d'humilité et de discrétion. Avoir participé à l'élection
d'un tel clampin devrait inciter à ne plus s'autoriser à donner un
avis trop tranché négativement sur un candidat, quel qu’il soit.
Cela devrait même les obliger à se faire petit, tout petit, et se
faire oublier, plutôt qu'à aller baver sur les ondes.
Cela dit, quel est le
fond du propos de Sarkozy durant cette interview ?
On note avec une certaine
tristesse qu'il tombe dans l'illusion récurrente qu'il existe une
sorte de no man's land politique où la droite et la gauche
n'existeraient pas, une sorte de magma informe et sans teinte dans
lequel on pourrait répondre efficacement aux problèmes de la
société. C'est la fameuse chimère du centre ni-ni. Ni droite, ni
gauche, mais ailleurs. Chimère qui a jadis séduit Giscard, puis
Chirac, aujourd'hui Bayrou. Même Marine Le Pen serait tentée, à
l'entendre, par cette gageure. Feu Edgar Faure avait fort justement
dit : le Centre a le droit de vivre, à condition de faire le
mort.
Or toute conception qu'on
peut avoir de la vie en société dépend d'une appartenance
quasi-viscérale à un bord ou à un autre. Et en conséquence, les
réponses à apporter aux problèmes posés par cette vie en
communauté, également.
Les solutions que
pourraient partager droite et gauche sont rarissimes. Elles sont
quasiment toujours de nature philosophique, et dépendent de la façon
dont on conçoit la place de l'homme dans la société et sa
responsabilité personnelle en tant qu'individu.
Sarkozy a par exemple
évoqué la perspective effrayante d'avoir bientôt deux milliards
d'Africains à 12 kilomètres des frontières européennes au détroit
de Gibraltar. Contrairement à ce qu'il semble penser, la réponse à
apporter à ce danger mortel pour notre civilisation est forcément
de droite. Ne pas y répondre ou ignorer le danger est typiquement de
gauche.
On devine évidemment la
(grosse) ficelle de Sarkozy : celle d'attirer des voix de
gauche. Ce qui est parfaitement illusoire, tant il est marqué, à
tort ou à raison (et Saucisson-Pinard penserait plutôt à tort)
très à droite. Il ferait bien mieux de savoir où est sa clientèle
potentielle et d'attirer les sympathisants FN au lieu de les
ostraciser. Quitte à ne pas se fermer à un rapprochement avec le parti de Marine Le Pen, comme
les socialos l'ont toujours fait avec le PC et les
Verts-pastèques.
Aussi, quand il reproche
à Marine Le Pen de n'avoir pas appelé à voter pour lui, il oublie
délibérément Bayrou qui a officiellement, quant à lui, appelé à
voter Hollande, et donc contre lui. La responsabilité de Le Pen dans
l'élection de Hollande Ouille et, par conséquent, dans la situation
dans laquelle se trouve le pays aujourd'hui, est relative. Celle de
Bayrou est absolue.
D'ailleurs, en remettant
en cause en 2014 l'existence de l'espace Schengen alors qu'il s'en
est accommodé pendant tout son quinquennat, il reconnaît avec vingt
ans de retard que le FN avait raison. Encore un effort et il pourra
reconnaître que l'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui n'est
pas viable et qu'il faut soit la réformer en profondeur soit la
quitter.
Un plus gros effort sera
nécessaire pour reconnaître que la sortie de l'euro pourrait se
faire sans catastrophe, et que la Grande Bretagne, la Norvège ou la
Suisse ne vivent pas si mal avec une monnaie nationale, dans ou hors
l'Union Européenne.
En ayant la lucidité de
reconnaître la peur de la perte de leur civilisation par les
Français de souche, il ne fait qu'adhérer à la dénonciation par
le FN de l'immigration invasive que subit le pays depuis plus de
quarante ans.
Selon certains sondages,
on reconnaîtrait au moins à Sarkozy du courage. Néanmoins, son
courage n'aura pas été jusqu'à prendre une position claire et
franche sur ce qu'il ferait sur le « mariage pourtousse ».
Le moins qu'on puisse dire est qu'il a botté en touche. Dommage.
En évoquant l'utilité
dans son combat, d'avoir recours à de vieux bonzes comme Juppé le
dhimmi ou de Fillon le prototype UMPS, il donne l'impression de
proposer le remake dont les socialos lui font déjà le procès
d'intention.
Bref, ce n'est pas en se
bayrouïsant ainsi qu'il rassurera les électeurs de son vrai camp.
mardi 9 septembre 2014
Nouvelles de la rentrée: juste pour rire.
Un retrait ponctuel par
rapport aux flots de l'actualité puis le survol rapide des titres de
la Presse pour se remettre à niveau, permettent de savourer la
drôlerie de notre époque, sans rien prendre au tragique : une
sorte de recul salutaire en ce retour de vacances pour ne pas sombrer
illico dans la dépression où ne manquerait pas de nous plonger
toute réflexion objective sur les évènements politiques et
sociétaux de l'ère hollandesque.
Une jeune joggeuse est
poignardée en Seine-Saint-Denis. L'assassin est arrêté, et bien
évidemment il s'agit d'un « déséquilibré ». On ne
donne ni son nom ni sa race, mais on aura compris :
Seine-Saint-Denis, poignard : un « déséquilibré »,
qu'on vous dit... Bon, rien de nouveau sous le soleil français.
Voyons les autres
nouvelles :
Le corps médical
britannique lance Interpol aux trousses d'un couple cherchant à
échapper à ses griffes. Merveilleuse époque où la médecine-bien-comme-il-faut peut demander à la police internationale de traquer des malades comme des criminels ou des terroristes. C'est vrai que la médecine officielle a
tellement de résultats positifs dans sa lutte contre le cancer,
qu'on se demande pourquoi des malades auraient l'inconscience de
refuser de profiter de sa compétence...
Revenons en France :
Hollande Ouille n'a
aucune considération pour le petit peuple, cette méprisable
catégorie de « sans-dents », dixit la Première Cocue de
France. Bon. Mais où est le scoop ? Ce qui interpelle vraiment
Saucisson-Pinard dans cette affaire, ce n'est pas que Hollande Ouille
soit un-moins-que-rien. Comme le dit Philippe Bouvard, « on
savait que Hollande n'était pas un grand homme, on sait maintenant
que c'est un petit monsieur ». Non, ce qu'on se demande,
c'est : dans l'appellation « sans-dents », où est
l'humour que la vengeuse démasquée attribue à Hollande?
Saucisson-Pinard a longtemps cherché un hypothétique jeu de mot, un
à-peu-près, voire une contrepèterie, sans jamais rien trouver. Ben
non, « sans-dents », c'est juste méprisant, mais même
pas drôle.
Quoi d'autre ?
Un secrétaire d'état
est contraint de démissionner après neuf jours seulement
d'exercice, parce qu'on a découvert que ce député distrait ne
payait pas d'impôt depuis trois ans. On constate donc que le
recrutement au gouvernement se fait donc sous Valls II aussi
sérieusement que sous Z'Ayrault I, II, III ou que sous Valls I.
Bravo.
Aux dernières nouvelles,
Thevenoud (c'est le nom de cet éphémère secrétaire d'état au
commerce extérieur en délicatesse fiscale) quitte le PS, mais reste
député. Ben voyons. Il maintiendra ainsi la voix indispensable pour
assurer la courtissime majorité du PS au Parlement, mais sans porter le maillot de l'équipe. On le comprend, le Thevenoud : être député,
c'est être représentant du peuple. Et dans le peuple, il y a bien
des tricheurs fiscaux, non ? Donc, il reste député pour, en
quelque sorte, les représenter. Logique imparable.
Et puis il a l'argument
suprême : la politique ne l'a pas enrichi. Donc la plus grande
mansuétude lui est due. Il a juste « oublié » de payer
ces impôts. Ça arrive à tout le monde, un oubli, non ? On ne
culpabilise pas un Alzheimer. Et puis, il n'a pas violé ni trucidé
personne. En tous cas, rien ne le prouve encore, donc, un peu de
retenue, s'il vous plaît, dans vos anathèmes... Thevenoud va donc
rejoindre sur les bancs de l'Assemblée Nationale comme non-inscrit,
Sylvie Andrieux, autre socialiste condamnée pour détournements de
fonds publics. Ils vont bientôt pouvoir former un
groupe parlementaire: « les salopards de la République »,
qui va porter un coup sévère au PS en siphonnant beaucoup de ses
membres...
Jusqu'à maintenant, il
n'y a pas grand'chose de nouveau, en France. Continuons notre survol
de l'actualité.
Bonne nouvelle, le taux
de pauvreté diminue en France. Enfin, bonne nouvelle, si on veut.
C'est juste parce que le taux de pauvreté se calcule par rapport à
un niveau de vie médian. Et manque de chance, le niveau de vie
médian a, lui, bien baissé en 2013. Donc, pour se résumer, s'il y
a quasiment autant de « pauvres officiels » en 2013 qu'en
2012, ces pauvres sont en revanche encore plus pauvres qu'avant.
Hollande Ouille va donc trouver davantage de matière première à
ses moqueries. Restons positif.
Z'Ayrault se réveille :
il fait son auto-critique, en y incluant Hollande Ouille, en disant
qu'ils auraient dû dire la vérité sur l'état exact du pays. Il
regrette n'avoir pas suffisamment « décrit le niveau de
difficulté que rencontre la France, ni la baisse de son niveau de
capacité ». Il faut reconnaître que s'ils l'avaient fait, ça
revenait à donner leurs démissions immédiates en guise de début
de solution.
Le déficit de l'état
s'est encore creusé en juillet. De presque 5% en un an. Une paille !
Mais le gouvernement est fier : il a maîtrisé les dépenses
qui ont baissé de... 0,8%. Et ce sont ces satanées recettes
fiscales qui ont fortement baissé. « Monsieur le banquier,
certes je suis encore plus dans le rouge, et je continue de dépenser
énormément, mais pas plus qu'avant. Et c'est pas de ma faute
si j'ai moins de revenus... ! »
Et pour faire bonne
mesure, le ministère invoque des « effets de calendriers ».
Même les excuses les plus bidons ne changent pas.
Quoi de neuf, alors ?
Le GIEC cherche à
sécuriser ses subventions à venir et lance son vice-président et
représentant en France en la personne de Jean Jouzel sur la scène
médiatique.
Et Jouzel de nous prédire
une météo « à laquelle l'homme aura beaucoup de mal à
s'adapter » pour la seconde moitié du XXI e siècle, aux
micros complaisamment tendus par une Presse gourmande de catastrophes
annoncées.
Trop fort, le Jouzel.
Saucisson-Pinard aimerait qu'il vienne exercer son talent dans sa
région de résidence. SP constate en effet quasiment tous les jours
que les prévisions marines qu'il consulte se plantent de façon
quasi-systématique sur la direction, ou sur la force des vents, ou
sur les deux, et ce à l'échéance de 48 heures. Souvent, même les
prévisions à 24 heures s'avèrent a posteriori très folkloriques.
Alors ce génie du climat capable de nous dire de combien va s'élever
la température moyenne en France dans les 80 prochaines années,
pourrait se faire une fortune en nous faisant profiter de ses
compétences.
Evidemment,
l'inconvénient est qu'il aurait à répondre de ses erreurs,
aisément constatables. Alors que d'ici la fin du siècle, personne
ne ne souviendra de ses élucubrations financièrement intéressées,
à défaut d'être intéressantes. Et à ce moment-là, sa
contribution aux bienfaits de la planète commencera alors seulement
en participant à l'alimentation des vers.
La consultation (que SP
vous recommande) du rapport de Jouzel à Ségo-l'écolo est un régal
de trituration de chiffres, de magouilles de données historiques et
de manipulations d'informations contradictoires et incohérentes afin
de parvenir à toute force à un constat établi à l'avance. Un peu
comme si notre « expert en climatologie » s'était
ingénié avec obstination et application à limer, scier, polir les
angles d'une pièce octogonale pour la faire rentrer dans un trou
rond.
Dernier gag, enfin :
le changement climatique annoncé est dû à 99,9% à l'homme. On
admirera la précision du chiffre. Et on se demandera avec
impertinence à quoi peut bien correspondre le 0,1% responsable de ce
changement...
Bref, là non plus, rien
de bien nouveau.
Saucisson-Pinard se
demande s'il ne va pas repartir en vacances...
samedi 30 août 2014
Lettre à un militant PS en partance pour l'université d'été...
Cher militant socialiste,
A l'occasion de ces
universités d'été du parti socialiste, c'est avec beaucoup de
compassion que je m'adresse à toi, fidèle et jeune militant PS.
J'ai pris connaissance
comme toi, des dernières nouvelles concernant le gouvernement de ton
président, et je voudrais, par cette missive, tenter de te remonter
le moral.
Je me souviens avec quel
enthousiasme tu avais vécu le résultat de la dernière élection
présidentielle. Tu étais place de la Bastille, monté sur l'embase
de la colonne, au milieu de tes camarades des jeunesses socialistes
et de sympathisants comme Mamadou, Mohamed, Aziz et Fofana et
d'autres, exultant, scandant « HOL-LAN-DE HOL-LAN-DE ».
Ta joie n'avait d'égale que celle que tu éprouvas lors du discours
du Bourget de ton candidat, quand il lança d'un ton Jauressien
son fameux: « mon véritable adversaire, c'est le monde de
la finance ! » Que c'était beau, que c'était grand !
On allait donc voir ce
qu'on allait voir. Cette crise économique allait être d'autant plus
facilement surmontée qu'elle tenait du fantasme et de l'excuse
sarkozyste. Une fois que François aurait réglé leur compte, à la
Finance et au Patronat, les lendemains allaient chanter de nouveau.
Tout commença selon tes
rêves les plus fous. Ton président prenait le train comme un
banlieusard ordinaire, loin du bling bling de son prédécesseur. Il
fréquentait les plus grands de ce monde, incarnant un socialisme à
la française resplendissant, et donnait des leçons de normalité
socialisante à un public de dirigeants internationaux médusés.
Qu'est-ce que tu étais fier !
Et ton premier
gouvernement : un rêve ! Un rêve d'alliance des partis de
gauche, avec notamment les écolos, incarnés par la présence de
pointures comme Duflot, ou Batho.
Et puis tu as applaudi
des deux mains à la nomination d'une Noire indépendantiste
guyanaise au ministère de la Justice : les victimes allaient
enfin trouver soutien, compassion, compréhension et mansuétude. Je
parle évidemment des victimes de la société, celles qui sont
contraintes de ne trouver d'autres réponses aux vicissitudes de la
vie que dans les délits, crimes et viols.
Oh bien sûr, tu as un
peu tiqué sur la présence de Valls dans ce gouvernement. Un peu
suspect, ce Valls, à tes yeux. Surtout au ministère de l'Intérieur.
Mais tu as été bien vite rassuré aux premiers gazages des fachos
de la manifestation qui osait s'opposer à cette grande avancée
sociétale qu'est le mariage des homos, et que les générations
futures évoqueront avec des larmes éperdues de reconnaissance pour
ton grand président.
Tout bien considéré,
Valls avec son regard dur, et ses mâchoires serrées ne fait
vraiment pas «homme de gauche ». En tous cas, pas à côté
de ton président et son air bonhomme. Ni à côté de son premier
ministre avec son air de venir de se réveiller d'une léthargie que
seule l'assurance de savoir que tout va bien et est sous contrôle,
peut justifier. Ça, ce sont des physionomies de gauche :
tranquilles comme la force du même nom, paternelles, badines et
protectrices.
Déjà tu avais été
sensible aux premières mesures pacifistes de François qui
désengageait la France d'Afghanistan, et pour un peu, tu aurais bien
vu les bombardiers de l'armée de l'air se mettre à déverser des
pétales de roses sur les villages réinvestis par les talibans pour
leur transmettre la nouvelle que désormais, la France socialiste
ouvrait la voie à un monde nouveau, plein de bisous, de lait et de
miel.
Puis la colombe de la
paix de François commença à prendre du plomb dans l'aile avec
cette intervention militaire au Mali, puis en Centrafrique. Et il
s'en fallut d'un cheveu que la France ne s'engage à côté des
islamistes pour combattre Bachar El Hassad.
Puis, comme un coup de
tonnerre dans un ciel bleu d'été, ton président se déclara
social-démocrate ! Là, je comprends ta surprise : n'y
avait-il pas inscrit « Parti Socialiste » sur les
affiches que tu as collées toutes ces nuits de campagne électorale ?
N'y avait-il pas marqué « François Hollande, candidat du
Parti Socialiste » sur le bulletin de vote que tu as mis dans
l'urne par deux fois lors de cette année bénie 2012 ? Tu en as
été tout chamboulé. Déjà le doute s'insinua subrepticement dans
ton esprit.
Avec ton président, la
France allait retrouver dynamisme et prospérité, plein emploi et
justice sociale.
Le peuple de France
allait gagner plus, travailler moins. Là au moins, tu n'as été
déçu qu'à moitié. En effet, si tu constates que tu ne gagnes pas
plus, tu sais qu'avec 3 millions et demi de chômeurs officiels au
compteur, les Français travaillent effectivement beaucoup moins.
Tu as élu un président
qui n'aimait pas les riches, et ça, c'était de bon augure. Il
allait les faire payer, ces salauds. Et puis tu as lu ta feuille
d'impôt, et là, surprise, tu as constaté que tu étais en fait un
nanti, puisque tu allais payer bien davantage qu'avant. Ce fut pour
toi une révélation ! Dire que tu étais riche et que tu ne le
savais pas ! Ce salaud de Sarkozy te l'avait caché !
Autre chose que tu ne
savais pas. Tu ne savais pas que tu avais élu un magicien. Tu avais
les mots les plus durs, comme tout bon socialiste militant, pour la
TVA sociale de Sarkozy, impôt injuste qui étranglait les masses
laborieuses. Mais par un tour de passe-passe digne de Houdini, la
hausse de la TVA instruite par ton président était devenue juste et
solidaire. Magique !
Les couleuvres que tu
commençais à avaler à la chaîne se sont transformées en boas
quand le premier ministre de ton président fut réveillé en sursaut
et qu'il lui fut demander de quitter Matignon. Et qui vint le
remplacer ? Ce Valls, justement : ce facho déguisé en
socialiste. Tu as couru vérifier ta carte du Parti, et il t'a bien
semblé que sa couleur commençait à pâlir un peu.
Mais l'apothéose de la
traîtrise, ce coup de poignard planté dans ta fibre de gauche, fut
le remplacement de Montebourg socialiste pur jus, par Macron, ce
suppôt du milieu bancaire, qui s'est fait une fortune en quelques
mois au sein de la Finance, cet « adversaire » de
François, dans la banque Rothschild : une vraie caricature de
capitaliste au chapeau haut de forme et gros cigare.
Ce renégat n'était pas
encore complètement assis au fond de son fauteuil de Bercy que déjà,
dans un article du Point, il remettait en cause, quelle horreur, les
35 heures, cette bénédiction sociale que le monde entier nous
envie. Tu te mettrais volontiers à lui reprocher d'avoir épousé
une cougar, si tu ne te retenais pas d'être méchant à son
endroit!
Ton sang de militant
socialiste ne fait qu'un tour quand Valls ajoute l'ignominie à la
traîtrise : il jouit littéralement en savourant une standing
ovation devant un parterre de grands patrons à l'université d'été
du MEDEF. Il ose même proférer ces mots indignes : « j'aime
l'entreprise ! ».
Déjà la Presse
s'interroge, et toi avec elle : La France va-t-elle devenir une
économie libérale ? Le gros mot est lâché, et déjà tu
défailles devant le spectre.
Aussi, je comprends que,
au moment de faire ta petite valise pour te rendre à ton université
d'été du PS à La Rochelle, tu aies le cœur gros.
Je voulais te rassurer.
Tout n'est pas si noir. D'abord, Valls dit qu'il aime l'entreprise,
mais, sois tranquille, il a dit ça comme ça, histoire de ne pas
être désagréable avec ses auditeurs. D'ailleurs, peut-on vraiment
aimer ce qu'on ne connaît pas ?
Et tu verras qu'à cette
université, Valls tiendra bien vite un autre discours plus conforme
à ton orthodoxie.
De plus, Macron ne sera
pas le premier socialiste à s'être enrichi comme un vil bourgeois
capitaliste. Fabius, DSK, Cahuzac, Touraine, Sapin, Le Guen et
combien d'autres, lui disent « bienvenue au club ! »
Et enfin, la France,
économie libérale ? Un vrai libéral se mettrait à se rouler
par terre et à s'étrangler de rire (s'il est de bonne humeur) à
l'énoncé de cette hypothèse.
Franchement, tu n'as
aucune raison de t'inquiéter outre mesure. Tant que ton François
sera président, la France n'a aucune chance, sois-en convaincu,
vraiment aucune chance, hélas, de dévier de la trajectoire prise.
Et rappelle-toi bien,
quand tu as un coup de cafard qui te semble insurmontable, que la
Guyanaise est toujours ministre et que la petite Marocaine est
devenue ministre de l'Education Nationale : les intérêts du
corps électoral des banlieues du PS et le formatage des petits
Français à l'évangile socialiste (ou devrais-je dire au Coran
socialiste?) sont donc assurés pour encore quelques temps.
Bonne université d'été,
cher militant socialiste. Amuse-toi bien. Et surtout, reviens en
forme, car la rentrée va être rock n' roll !! Gros bisous.
mardi 26 août 2014
Paroles fameuses, paroles fumeuses...
![]() |
| "Oui, absolument, voici mon bilan au gouvernement depuis 2 ans et demi!" |
Pourquoi se le cacher ?
L'actualité politique, à défaut d'être rassurante, est quand même
bien réjouissante. On ne va pas bouder notre plaisir de voir toute
cette bande de branquignols de socialos se déchirer dans ce nouvel
acte digne de la comedia dell'arte.
Il est évident que les
sorties médiatiques récentes de Montebourde et Hamon sont le signe
que les rats commencent à quitter le navire. Sentant le naufrage,
nos deux branquignols commençaient à préparer leur fuite, sans
toutefois avoir le courage de renoncer immédiatement au confort que
procure encore aux officiers des ponts supérieurs, la carcasse du
navire France en perdition. Il aura fallu que le petit caudillo
décide de leur montrer la direction de la sortie pour précipiter un
peu le mouvement de ces rongeurs.
La suite va être
délectable. Hollande Ouille et son bras droit futur rival, à la
recherche d'une majorité pour continuer une politique à la fois
vomie par une écrasante majorité de Français, et parfaitement
dénuée d'une quelconque efficacité : voilà qui promet du
spectacle. Spectacle dont ne saura pas profiter une droite (?) UMP
toujours plongée dans son coma profond. L'effondrement de la France socialiste s'accélère et les plus optimistes y verront l'occasion de repartir, à terme, d'une page blanche. Les plus pessimistes, eux, c'est à l'étranger qu'ils sont déjà partis, ou commencent à faire leurs valises quand ils en ont les moyens.
Au moment où ces lignes
sont écrites, on sait juste que le petit caudillo aux mâchoires
serrées liquide notre Montebourde et vraisemblablement avec lui une
cohorte de bras cassés ou salopards selon les cas (ils se
reconnaîtront...) parmi lesquels, a minima, Filipetti qui a été à
la culture ce que Michel Drucker est à l'humour, le transparent Hamon et,
espérons-le, Taubira qui rimera avec bon débarras*.
La France ne perdra
certes pas de grandes figures dans ce nettoyage de rentrée. Le bilan
en matière de « redressement productif » de Montebourde
est nul au-delà de ce qui pouvait être attendu, et au ministère de
l'Economie, trois mois n'ont pas suffi à montrer l'étendue de son
incompétence. On sent bien qu'en cette matière, il en avait encore
sous le pied.
La postérité notera que
Montebourde a quitté la scène gouvernementale sur une parole
historique grandiose. Lors de son discours à la fête de la Rose qui
devra sceller son destin gouvernemental, n'a-t-il pas eu ces
mots extraordinaires qu'une Presse très conciliante a diffusé
sans toutefois la mettre en exergue, et c'est dommage, les occasions
de rire ne sont pas si nombreuses: « Trop d'austérité tue
l'austérité ! » s'est exclamé le futur ex-co-ministre
de l'Economie. Il fallait oser proférer cette ânerie sans rire,
Montebourde l'a fait ! Et il ne s'agissait pas d'une phrase
improvisée, émise au détour d'une conversation animée où il est
toujours possible qu'une langue fourche quelque peu. Non, c'était
bien lors d'un discours lu scrupuleusement à partir d'un texte
écrit.
« Trop d'austérité,
tue l'austérité ! ». Extraordinaire déclinaison de la
formule « trop d'impôt tue l'impôt.
C'est Reagan qui avait
émis cette formule économiquement avérée. En effet quand la
pression fiscale devient trop forte, l'impôt rapporte moins car les
échappatoires deviennent davantage recherchés et de plus, trop
d'argent prélevé en taxes diverses pénalise l'activité vivante,
celle qui est créatrice d'emplois, de revenus et de dynamisme
économique et donc en finalité de revenus fiscaux. La formule, pour
paradoxale qu'elle paraisse, est juste quand il s'agit d'impôt, mais
elle ne peut pas être déclinée à toutes les sauces. Et il faut
l'ignorance crasse en économie d'un socialiste pour l'utiliser comme
un gimmick de tribune au sujet de l'austérité. Si l'ânerie avait
été proférée par un banal syndicaliste cégétiste bas de plafond
(excusez le pléonasme), on aurait pu simplement accueillir cette
sortie d'humour involontaire par un haussement d'épaule amusé, mais
le fait qu'elle émane d'un ministre, et qui plus est, par un
ministre de l'économie, en dit long sur l 'état de
délabrement de la compétence gouvernementale dans ce pays.
Une autre parole
prononcée ce week-end a attiré l'attention de Saucisson-Pinard.
Rappelez-vous le contexte :
Montpellier samedi soir
dernier. Fusillade dans une cité « populaire », dixit le
journal télé. Comprenez une cité racaille. Bilan : deux
morts. Pour un regard de travers ou pour un différent sur fond de
trafic de drogue. Ou les deux.
Bien entendu, le premier
mort, un keffir, était un brave type « qui parlait de son
avenir et de ses enfants ». C'est du moins ce qu'attestent des
témoins interviewés, eux-mêmes des braves types assurément. Et si
ces braves types de témoins à l'accent racaille n'ont été filmés
qu'entre les pieds et les genoux, n'y voyez pas malice : de
braves types, on vous dit, qui sont juste trop timides pour être
filmés à découvert. Bref. La vie ordinaire dans une cité riche de
la diversité culturelle si chère à nos progressistes.
Mais le pompon de ce fait
divers maintenant quasi-quotidien dans notre France apaisée, vient
des propos du maire divers gauche de la ville, Philippe Saurel qui
assure : « Je ne veux pas que Montpellier devienne
Chicago ! ». Cette référence à Chicago, ville du crime
organisé dans les années vingt et trente du siècle dernier, est
révélatrice de l'anachronisme dans lequel vivent nos gauchistes. En
matière de délinquance comme en économie, ils sont toujours figés
dans l'époque de Zola : la lutte des classes et le Chicago de
Capone. Pourtant, il suffit de regarder autour de soi en 2014, pour
constater que les villes de forte délinquance sont bien là, dans
notre beau pays fier de sa politique d'immigration, de sa justice si
compréhensive et de sa police ligotée et sous haute surveillance.
Un maire un peu plus à la page aurait pu dire : je ne veux pas
que Montpellier devienne Marseille, Paris, la Seine St Denis, Lyon,
ou Toulouse... Il n'aurait eu que l'embarras du choix dans les
références, qui en outre, sont bien plus parlantes pour notre
public contemporain !
Et on retiendra le
pitoyable « je ne veux pas » de notre maire
montpelliérain de gauche comme merveilleuse illustration de la
pensée de Bossuet : Dieu se rit des créatures qui déplore les
effets dont elles chérissent les causes.
* Ça ne sera malheureusement pas Taubira bon débarras, mais Taubira tout ça pour ça? Taubi ras le bol!
samedi 23 août 2014
Loi de Murphy, déterminisme et inepties réunionnaises.
Les médias nous ont
soigneusement tenus au courant, au terme de cette longue série de
dépôts de gerbes et dévoilements de stèles à répétition, des
vacances bien méritées de Commémorator.
Début août, les titres
tournaient autour de « Hollande à la Lanterne », ce qui
sonnait agréablement comme une promesse aux oreilles de
Saucisson-Pinard (ah, ça ira, ça ira !). Mais il s'agissait
simplement, hélas, de son séjour à la résidence de Versailles.
Ensuite, Hollande Ouille
est allé dans le Sud-est, sans autre précision, pour fêter son
anniversaire. Puis on apprit, par l'entremise de journaleux dûment
convoqués sur place par les service élyséens, qu'il était allé
sonner à la porte de son géniteur pour lui faire un petit coucou
filial dans son immeuble cannois. On est évidemment attendri par la
scène.
Mais ces retrouvailles
familiales ont aussi provoqué chez Saucisson-Pinard une réflexion
quasiment philosophique sur le Destin et son insondable mystère.
Prenez justement le cas
de ce Hollande François. Passons rapidement sur le fait qu'on puisse
difficilement concevoir, quand on voit l'individu hésitant et
mollasson qu'il est devenu, qu'il s'est trouvé, il y a soixante ans
et neuf mois, un spermatozoïde plus rapide et plus débrouillard que
les autres pour atteindre son but.
Arrêtons-nous plutôt
sur la sphère familiale dans laquelle le petit François Hollande a
été élevé. Il a grandi dans une famille dont le père, dit-on,
n'a pas franchement des idées socialisantes. Elles seraient même
complètement à l'opposé, paraît-il. Entre l'influence du père et
celle de la mère catho de gauche, il a gardé celle de la mère, en
oubliant cependant le côté catho. Pas de chance.
Puis sa carrière s'est
orientée dans la politique. Il aurait pu devenir plombier-zingueur,
ou garde-champêtre, ou bouilleur de cru, toutes professions
respectables où son incompétence caractérisée aurait finalement
eu des répercussions relativement négligeables. Mais non, c'est
dans la politique que sa médiocrité était vouée à s'exercer.
Toujours pas de chance.
Il aurait dû se
contenter d'être un permanent anonyme appointé dans une section
régionale socialiste quelconque, mais non, il a fallu qu'on lui
laisse gravir tous les échelons jusqu'à sa candidature à la
fonction présidentielle.
Avouez que jusqu'à
maintenant, la France n'a vraiment pas eu de chance. C'est comme si
le destin s'était acharné à ce que le pouvoir de nuisance du
phénomène s'exerce sur un cercle de plus en plus large de gens.
De surcroît, ce n'est
même pas comme si Hollande Ouille s'était avancé masqué, en
trompant son monde sur ses capacités : tout le monde, y compris certains de ses ministres actuels, a pu
constater, à tous moments, qu'il était fondamentalement
incompétent. Incompétent comme maire de Tulle, incompétent au
Conseil régional, incompétent comme député, incompétent comme
secrétaire du PS. Toutes les raisons pour qu'il se plante à un
moment ou à un autre, et plutôt très tôt que tard, dans son
ascension, étaient réunies. Eh bien non. Quand ça veut pas, ça
veut pas. La loi de Murphy ou celle de l'emmerdement maximum s'est
appliquée avec la régularité d'un métronome, jusqu'à ce qu'une
courte majorité d'électeurs disponibles lui permette de poser son
postérieur de notable satisfait de lui-même dans le fauteuil
élyséen.
Sa nuisance peut donc, on
le constate tous les jours, s'exercer aujourd'hui sur plus de
soixante millions de Français, sans compter les dommages collatéraux
provoqués hors des frontières par sa politique internationale, ou
plutôt de ce qui en tient lieu.
Difficile de comprendre
cette incroyable trajectoire, alors que les occasions où son
insuffisance aurait dû normalement la faire dévier, n'ont pas
manqué. Ce cursus n'est pas sans évoquer la bille de flipper qui a
beau se cogner encore et encore aux obstacles dressés sur son
chemin, finit inexorablement, entraînée par la pente, par échapper
au joueur et sortir du plateau. En l'occurrence, arriver à l'Elysée.
Il y a en France
probablement des dizaines et des dizaines de milliers de personnes
qui feraient mieux que lui au poste qu'il occupe aujourd'hui. Des
dizaines de milliers de personnes plus riches de bon sens et de
vraies idées, plus honnêtes, plus clairvoyantes, plus courageuses
que lui ; représentant la France de façon bien plus flatteuse
que lui. Plus soucieuses du bien public aussi. Alors pourquoi lui ?
Pourquoi ?
Cet enchaînement
incroyable de hasards, qui sont autant de malchances pour le pays,
laisse songeur sur le déterminisme : tout est-il inscrit
d'avance ? Avons-nous un pouvoir quelconque sur le déroulement
de la vie ? Ou ne sommes-nous que les spectateurs passifs d'un
scénario gravé dans le marbre? Que sera, sera ? What ever will
be, will be ?
Revenons aux vacances de
Hollande Ouille Commémorator. Elles se poursuivent à La Réunion
(ou doit-on compter ce déplacement comme temps de travail
présidentiel ? on ne sait plus trop). L'île de la Réunion a
voté à plus de soixante-dix pour cent en sa faveur en 2012, c'est
dire si les Réunionnais méritent ce qu'il leur arrive, notamment un
taux de chômage record de 30% de la population active, 60% chez les
jeunes. A peine arrivé, Hollande Ouille a précisé avec l'éloquence
qu'on lui connaît : « Il faut faire « plus et
davantage » (Dupont et Dupond ajouteraient : « je
dirais même plus, il ne faut pas faire moins... ») compte tenu
de la spécificité de l'île ». C'est quoi, au fait, la
spécificité de l'île de la Réunion ? D'être entourée
d'eau ?
Bref, « plus et
davantage », cela veut dire que le financement des emplois
d'avenir, cette rustine étatique supposée répondre à
l'effondrement du marché de l'emploi, qui marche si bien en
métropole... sera désormais assuré davantage par le contribuable
métropolitain et moins par les collectivités locales de l'île. Ça
valait vraiment le coup (et le coût) de faire le voyage pour sortir
cette vieille recette éculée de l'Etat venant au secours de ses DOM
avec l'argent qu'il n'a pas.
Et Hollande Ouille
d'ajouter cette très fine remarque : « Nous ne sommes pas
là pour distribuer des aides (ah bon ? Et c'est quoi alors,
cette décision?), parce que c'est un voyage présidentiel. Ici,
« on » ne fait pas la mendicité, « on » ne
demande rien de plus, « on » demande des droits ».
Ne cherchons pas à savoir qui est
ce mystérieux « on », Hollande Ouille et le péquin
analphabète qui lui écrit ses discours seraient bien en peine de
nous le dire. Mais en revanche, on constate que pour Hollande Ouille,
demander des droits, ce n'est rien demander de plus... Paradoxe qui
vaut quand même son pesant de surréalisme. (C'est dommage, il
aurait dû prendre « expression en langue française »
comme option, dans son cursus à l'ENA, notre Communicator).
Autre décision née de
l'imagination féconde de notre présidenticule : création
d'une classe préparatoire inédite aux concours administratifs,
visant à favoriser l'accès des Réunionnais aux postes de
responsabilité de la fonction publique. Car, c'est bien connu, il
n'y a pas assez de fonctionnaires dans les DOM-TOM en général et à
la Réunion en particulier. Tout comme il n'y a pas trop de
fonctionnaires en France. Et ce n'est pas comme s'il y avait un
déficit public ahurissant, et une dette nationale délirante qui
pourraient exiger des coupes sombres dans le budget de l'Etat et
notamment dans son personnel pléthorique. Heureusement.
Et enfin, Hollande Ouille
a voulu caresser la filière sucrière, très importante dans l'île,
dans le sens du poil. Les quotas sucriers devant être supprimés en
2017 suite aux demandes répétées de l'Organisation Mondiale du
Commerce, Communicator a souhaité lui apporter en compensation,
« ses garanties » d'une aide de l'Etat via « une
convention particulièrement originale ».
On ne doute pas que la
filière sucrière sera rassurée par cette garantie, vu les états
de service passés de celui qui la lui apporte.
On n'en saura d'ailleurs
pas davantage sur «l'originalité » de l'idée présidentielle.
Ce n'est pas trop grave, dans la mesure où Hollande Ouille parle
ici d'argent public qu'il n'a pas, qu'il aura encore moins en 2017,
et, espérons-le, dans le cadre d'une fonction qu'il n'occupera plus
à ce moment-là.
A moins évidemment que
la loi de Murphy évoquée plus haut, estime qu'elle n'a pas encore
complètement épuisé tout son potentiel d'influence néfaste sur le
déroulement de la vie du pays. Auquel cas, la conclusion récurrente
d'un blog fameux du blogroll ci-dessous serait, pour le coup,
inévitable: ce pays est foutu, et, plus grave, irrévocablement voué
à l'être.
lundi 11 août 2014
Scène de bac à sable.
Dans le bac à sable du quartier, les bambins se répartissaient clairement en bandes séparées,
selon leurs affinités.
Il y avait d’un côté, Sam, déjà un petit caïd malgré son
jeune âge, plutôt foncé de peau, pas franchement intelligent, mais déjà bien
baraqué. De l’autre, un autre petit caïd, Vladimir, tout blond, qui se faisait
fort de rivaliser avec Sam pour imposer sa loi sur le bac à sable.
Et puis il y avait un petit groupe composé d’un petit
garçon, Johnny, un bon copain de Sam, une petite fille, Greta, au caractère
bien trempé et au physique ingrat. Et enfin, dans ce même groupe, un petit gros
à grosses lunettes, pas trop futé, qui s’était vite fait une réputation de
Simplet dans le bac à sable. Il était en outre affublé d’un sobriquet tiré
d’une marque de petits pots de flan, dont il faisait une consommation effrénée;
consommation qui n’était pas sans rapport avec sa silhouette déjà boudinée,
laissant prévoir un physique de Sancho Pancha à l’âge adulte, auquel il aura
vraisemblablement du mal à échapper.
Sam n’aimait rien de plus que d’embêter Vladimir, et réciproquement.
Un jour, il vint à Sam une idée lumineuse. Bien que, par
nature, plutôt enclin à rouler des mécaniques devant les copains, quand il
avait l’occasion de faire faire ses tours pendables par d’autres, il ne s’en
privait pas. Son idée du moment
partait bien de ce principe.
Il s’approcha de Johnny, Greta et Binoclard et leur susurra
à l’oreille :
- Pourquoi vous ne demanderiez pas à Yuriy et Igor de venir
jouer dans votre bande, plutôt qu’avec celle de Vladimir ? Vous vous
marreriez bien ensemble, non ?
Après s’être concerté du regard, Johnny, Greta et le petit
gros simplet trouvèrent l’idée bonne.
D’abord, Johnny n’avait pas grand-chose à refuser à son
grand copain Sam. Greta ne rêvait, quant à elle, que de se faire de nouveaux
amis, car, il faut la comprendre, elle n’était pas toujours très populaire dans
le bac à sable et sa réputation de gamine sérieuse et
« déjà-raisonnable-pour-son-âge » n’y était pas pour rien. Quant à Simplet Binoclard, dès qu’il
y avait une idée foireuse alentour, il était tout fier d’en être. Cela lui
donnait de l‘importance, et il se voyait ainsi l’égal des plus grands du bac à
sable.
Johnny, Greta et Binoclard se hâtèrent donc de trotter vers Yuriy et Igor et leur
tinrent ce discours :
- Hé les gars, vous venez jouer avec nous ? On est un
groupe sympa, on se marre bien ensemble !
- Bah, non, on joue déjà avec Vladimir et ses copains !
- Allez, venez quoi, on a les plus beaux jouets du bac à
sable, et nous, on est vachement cools comme mecs ! bluffèrent Greta et
Johnny.
- Allez, venez, quoi ! crut bon de rajouter le petit
gros en écho à ses deux compères.
Après un moment de réflexion, Yuriy décida :
- Bon, d’accord, on vient avec vous. Prêtez-nous vos nouveaux
jouets !
Mais Igor se buta :
- Non, moi, je reste avec Vladimir. C’est un bon pote, je
m’entends bien avec lui et je reste !
Yuriy, vexé de se voir lâché par son copain, le tira violemment
par la manche.
- Reste avec moi, c’est moi le chef, et je t’ordonne de
venir avec moi dans le groupe de Greta et Johnny!
Igor se dégagea en envoyant une bonne claque à son désormais
ex-copain. Faut dire que Vladimir lui donna un petit coup de main en décochant
une bourrade à celui qui prétendait attaquer son fidèle copain qu’il
considérait comme son petit frère.
Là-dessus, Sam exhorta Greta, Johnny et le petit gros Binoclard
à soutenir Yuriy dans ses démêlés avec Igor.
- Eh, les gars, Yuriy, c’est votre nouveau copain
maintenant, faut aller le défendre !
Johnny et Greta commençaient à sentir que la situation leur
échappait. Ils allaient quand même pas se castagner avec ce grand blond de
Vladimir. Quant au ptit gros Binoclard,
en bon suiveur, il attendait de voir ce qu’allaient décider ses deux copains.
- Moi, je serais vous, conseilla Sam, j’arrêterais de prêter
mes jouets à Vladimir. Ça lui ferait bien les pieds! Moi, je dis ça, je dis
rien… ajouta-t-il, en mâchonnant distraitement son chewing-gum.
- Oh oui oh oui, bonne idée, faisons ça! exulta le petit gros
Binoclard, tout heureux de se voir partie prenante dans l’opposition à un
grand.
Johnny et Greta étaient plus circonspects et hésitants, mais
il était maintenant un peu tard pour faire demi-tour.
- Ouais, faisons ça, concédèrent-ils.
Le petit gros Binoclard était tout excité.
-
Ouais, on est des costauds et pan ! bien
fait pour Vladimir !
Et bravache, il lança à Vladimir , en serrant ses petits
poings potelés, avec tout le courage que donne l’appui de deux copains derrière
lui :
- On ne te prête plus nos jouets et puis c’est tout !
Na !
Sam regarda la scène d’un œil moqueur.
- Ah les cons ! pensa-t-il.
Vladimir toisa les trois benêts un moment et lâcha :
- Bon, bah, puisque c’est comme ça, moi non plus je ne vous
prête plus mes jouets. Et puis d’abord, je m’en fous de vos jouets, car mon
copain Tchang me prêtera les siens si j’en ai besoin.
Tchang, qui, à l’autre bout du bac à sable, avait assisté de
ses petits yeux plissés à la dispute sans rien dire, se fendit d’un grand
sourire.
- Bien sûr, Vladimir, tu n’as qu’à me demander ! Je te
prête mes jouets sans problème !
Le petit gros Binoclard resta pétrifié de stupéfaction
devant l’attitude de Vladimir. On l’a dit, il n’était pas très finaud.
- C’est pas juste, j’ai besoin des jouets de Vladimir, moi !
T’as pas le droit, Vladimir ! C’est pas juste ! C’est pas juste,
c’est pas juste !
Il se mit à geindre :
- Bouh, je veux les jouets de Vladimir, moi. Rendez-moi les
jouets de Vladimir !
Constatant le dédain du grand blond, il cessa brusquement de
geindre, sécha ses larmes d’un grand coup de manche vengeur et se tourna vers
sa copine Greta et son copain Johnny.
- Qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ?
Devant le silence gêné des deux compères, il trépigna :
- Va falloir me prêter tous vos propres jouets maintenant,
hein ? J’en ai besoin, il me les faut, il me les faut, il me les
faut !
Greta et Johnny regardèrent le bout de leurs pieds dans le
sable, sans mot dire.
Sam, lui, était déjà loin. Il était retourné dans son coin
du bac à sable, d’autant moins concerné que les jouets de Vladimir, il n’en avait, lui, jamais vraiment eu
besoin jusque là…
Bien entendu, toute
ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé,
ne saurait être que purement fortuite…
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