Saucisson-Pinard était sur le point de rédiger un petit glossaire des réactions les plus comiques ou les plus pathétiques observées parmi les politiques et les journalistes politiquement corrects, suite à la raclée électorale que se sont essuyés les partis du mainstream lors des dernières européennes.
Car elles n'ont pas
manqué, durant ces deux derniers jours, depuis l'annonce des
résultats dimanche soir.
Il y avait tant à écrire
sur ces réactions, sans oublier celle de notre ex-maire de Tulle
squatteur de l'Elysée. Pas même capable de faire une intervention
en direct, il a fallu qu'il enregistre toute une après-midi une
petite allocution de 5 minutes. Et même en enregistrant, il ne peut
pas s'empêcher de commettre une bévue: « C'est vrai, partout
les partis européens progressent... » constate-il, au lieu de
« partis anti-européens ».
A chaque fois qu'on
entend Hollande Ouille (car depuis un petit moment déjà, on ne
l'écoute plus, on ne fait que l'entendre...), on se demande :
mais où les socialistes ont-ils été chercher un clampin pareil
pour le proposer comme président de la France ? Comment est-il
possible qu'ils n'aient pas eu mieux en magasin ?
Bref, à part ce lapsus,
qu'a dit celui qui fait office de président? Rien de nouveau,
comme d'habitude. Juste une absurdité de plus en classant un quart
des votants dans l' « extrême-droite », la petite
métaphore habituelle avec la « feuille de route »
confiée au petit caudillo aux mâchoires serrées, et en gros, que
rien ne changerait dans sa politique. Cinq minutes à parler pour ne
rien dire.
Saucisson-Pinard en était
donc à collectionner ces perles pour un nouvel article, quand il est
tombé sur cette dépêche, qui lui a semblé dépasser toutes les
autres, en une sorte de bouquet final de feu d'artifice du dérisoire,
de la débilité navrante et du pathétique:
En réaction à la percée
électorale du Front National, un « artiste peintre sculpteur
performer plasticien » a organisé un concert d'aboiements,
avec une cinquantaine de pékins, devant la base sous-marine de
St-Nazaire.
Pourquoi devant une base
sous-marine ? Sans doute pour illustrer au mieux que, là, en
matière de stupidité, on touche le fond.
Pourquoi un concert
d'aboiements ? "Aboyer, c'est comme un geste désespéré,
c'est une sorte de régression sur un plan biologique, je veux juste
pousser, avec quelques gens qui sont autour de moi, un cri d'alarme".
Dixit l' « artiste ».
La
régression est effectivement bien là. Elle ne se limite
malheureusement pas au plan biologique. Le plan mental est
sérieusement attaqué aussi.
L' « artiste »
a donc réuni une poignée d'échappés de l'asile pour concrétiser
ce qu'il appelle l'acte politique « wouaf, woauf »
consistant à imiter le jappement du chien devant un mur.
« Nous
sommes sidérés par cette montée du FN » affirme l'artiste
pour se justifier. Cette sidération, on doit en convenir, a dû être
d'une violence peu commune pour amener les malheureuses victimes à
partir ainsi en crise de folie extrême.
Mais
à la vue de ce spectacle, Saucisson-Pinard demande solennellement :
Mais que fait donc le corps médical ? Ne peut-on pas trouver de
toute urgence quelques places dans l'hôpital psychiatrique le plus
proche pour accueillir ces malheureux ? Et surtout qu'on ne
vienne pas nous raconter qu'on a été pris de court, et qu'on ne
pouvait pas prévoir ! Pour les quelques dizaines d'habitants
entraînés dans cette manifestation publique de démence, à la rigueur, il
est possible d'avancer cette excuse, mais le leader, lui, a déjà
laissé des indices de l'extrême gravité de son cas. L' « artiste »
en question s'appelle Olivier de Sagazan, et voilà un aperçu de son
œuvre : (Avertissement : la vidéo dure 9mn24, mais vous
n'êtes pas obligé de vous en infliger la totalité. Regardez juste
les deux premières minutes et sachez que c'est du même tonneau
jusqu'au bout).
Bon.
Le personnage, dans n'importe quelle civilisation digne de ce nom,
serait mûr pour la camisole. En France, c'est un artiste.
Subventionné, ça va de soi.
C'est
connu, il y a toujours eu des fous qui se prennent pour Napoléon.
Mais ce qui est tendance aujourd'hui, c'est le dingue qui se prend
pour quelqu'un ayant une conscience politique. C'est le cas de
Sagazan qui milite ainsi contre le FN.
On
m'objectera que l'artiste n'est pas dangereux. C'est vrai. Encore que
la dangerosité envers lui-même ne devrait pas être complètement
écartée.
On
pourrait même estimer que tant qu'il y aura des contestataires du FN
de cette trempe, le parti de Marine Le Pen aura de beaux jours devant
lui. Osons supputer que ce genre de contestation serait à même de
balayer les dernières hésitations de quelques citoyens en marge,
se demandant s'ils ne feraient finalement pas mieux de voter FN
plutôt que UMP par exemple.
Personnellement,
si un jour les convictions de Saucisson-Pinard étaient défendues
par un frappa-dingue de ce calibre, cela serait sans doute de nature
à remettre en question leur bien-fondé. Et Saucisson-Pinard se
mettrait à voter, je ne sais pas moi, … communiste ? Bon,
peut-être pas quand même, mais... pour Bayrou ? Qui sait ?
En
attendant, ce genre de militant est dans l'autre camp... Qu'il y
reste.





